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Piste locale
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Introduction
[haut]
En Guinée,
53,6% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Pour lutter
de manière efficace contre la pauvreté et améliorer les conditions de vie
de ses populations, le Gouvernement a décidé de concevoir et de mettre en
œuvre une approche intégrée du problème en élaborant une stratégie devant
servir de cadre pour l’ensemble des politiques et programmes de
développement.
Cinq ans après le
lancement en 2002 de la mise en oeuvre du premier document de stratégie de
réduction de la pauvreté (DSRP 1), la Guinée se trouve confrontée à une
situation économique et sociale particulièrement difficile. Entre
2002-2005, le taux de croissance économique annuel moyen s’est
établi à environ 2,3%, contre un objectif de 5% initialement fixé dans le
premier DSRP. Quant à l’inflation, en glissement annuel, elle est passée
de 5,4% en 2002 à 39,1% en 2006, contribuant ainsi à une détérioration du
pouvoir d’achat des populations.
Ces contre
performances, auxquelles s’ajoutent une baisse drastique des financements
extérieurs et la mauvaise gestion des ressources disponibles, ont
fortement affecté les conditions de mise en œuvre du DSRP1 et limité les
progrès accomplis dans le sens de la réalisation des objectifs du
millénaire pour le développement (OMD). Ainsi, l’incidence de la pauvreté
au niveau national, qui était de 49,2% en 2002, est passée à 53,6% en
2005. De même, l’offre et la qualité des services publics de base se sont
sensiblement détériorées. En 2005, plus d’un enfant sur cinq (21%) n’avait
pas encore accès à l’éducation primaire, tandis que le taux de mortalité
infanto - juvénile s’élevait à 163‰ et celui de la mortalité maternelle à
980 pour 100.000 naissances.
C’est dans ce
contexte quelque peu difficile, que le processus d’élaboration du second
Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP 2) a été
entamé. Le DSRP 2 a été validé au milieu de l'année 2007. Au regard
de l’engagement du Gouvernement pour l’atteinte des OMD à l’horizon 2015,
d’une part, et du recoupement de ces objectifs avec les priorités
nationales, de l’autre, ce DSRP2 servira de cadre d’opérationnalisation
des OMD en Guinée pour la période 2007 - 2010.
Document
de Stratégie de Réduction de la Pauvreté 2 -
DSRP 2
Gouvernement, Guinée 8/2007
DSRP2.pdf 1,7 Mo version finale complète
L’élaboration du
présent Document s’est appuyée sur une série de travaux réalisés au cours
des trois (3) dernières années. Il s’agit de : (i) l’élaboration de trois
(3) rapports de mise en œuvre du DSRP 1 ; (ii) l’évaluation du DSRP1, qui a
été réalisée par une équipe de consultants indépendants de décembre 2005 à
avril 2006; (iii) l’affinement des DSRP régionaux (2005-2006); et (iv) les
diagnostics sectoriels et l’évaluation des besoins pour l’atteinte des OMD
(janvier – décembre 2006). Ces différents exercices ont bénéficié de la
contribution de tous les acteurs (Administration, Institutions
républicaines, Organisations de la société civile, Populations à la base
et partenaires au développement), assurant ainsi au DSRP II une base
participative solide. Ce caractère participatif a été renforcé et élargi
durant tout le processus de formulation de la stratégie.
Le présent document
est structuré de six (6) chapitres, en plus des annexes qui complètent le
document. Le chapitre1 est consacré au diagnostic de la pauvreté dans le
pays ; le Chapitre 2 traite du contexte général de mise en œuvre de la
SRP, notamment au regard des contraintes macro-économiques et financières
du pays, de la problématique de la gouvernance et des enjeux et défis liés
à la mise en œuvre des OMD en Guinée ; le chapitre 3 porte sur
l’amélioration de la gouvernance considérée comme facteur déterminant de
lutte contre la pauvreté ; le quatrième chapitre concerne l’accélération
de la croissance et l’élargissement des opportunités d’emplois et de
revenus pour tous ; le cinquième chapitre touche l’amélioration de l’accès
des populations à des services sociaux de qualité, tandis que le sixième
et dernier chapitre aborde les mécanismes de mise en œuvre, de suivi et
d’évaluation de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté.
La pauvreté
selon la zone d’habitation
[haut]
La Haute Guinée
(67,5 %) et la Moyenne Guinée (55,4 %) demeurent les régions les plus
pauvres de la Guinée. Viennent ensuite la Guinée Maritime et la Guinée
Forestière. La Guinée Forestière enregistre un ratio de pauvreté de 54,4 %
alors qu’elle était la région la moins pauvre en 1994. Cette situation est
la conséquence directe de l’afflux de réfugiés qu’elle a abrité depuis le
début des hostilités au Libéria et en Sierra Léone et des attaques
rebelles en 2001, dégradant l’environnement, détruisant de nombreuses
infrastructures socio-économiques et occasionnant des pertes énormes au
niveau du capital des ménages (cheptel et plantation).
La pauvreté est
inégalement répartie entre les zones urbaines et rurales du pays. Elle
continue d’être un phénomène rural: près de 60 % de la population de ce
milieu est pauvre. Sur 100 personnes pauvres, 86 vivent en milieu rural.
Les autres indicateurs de mesure de pauvreté sont également défavorables
au milieu rural. Ainsi, l’écart par rapport au seuil de pauvreté du revenu
moyen d’une personne vivant en milieu urbain est de 6% alors qu’en milieu
rural, cet écart se situe à près de 22 % au-dessous de la ligne de
pauvreté, soit 3,5 fois plus. Cependant la pauvreté urbaine semble prendre
de l’ampleur : l’incidence de la pauvreté est de 21 % à Conakry et 27 %
dans les centres urbains de l’intérieur du pays. Les régions
administratives de Kankan (67 %), Labé (65 %), Faranah (61 %) et
N’Zérékoré (56 %) sont les plus touchées par le phénomène.
La pauvreté
selon le revenu
[haut]
En 1994-95,
40,3% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté soit 300 USD
par an et par personne. A cette période, l’incidence de la pauvreté était
de 62% en Haute Guinée ; 51% en Moyenne Guinée ; 42% en Basse Guinée ; 33%
en Guinée Forestière ; 7% à Conakry. On constate également que la
consommation des 20% des gens les plus pauvres représentait à peine 7% de
la consommation totale. 20% des gens les plus riches, consomment 47% du
total.
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La pauvreté et l’accès
aux services de santé
[haut]
La santé de la
population constitue également un des déterminants de la pauvreté à cause
de son incidence sur les aptitudes au travail des forces vives.
La mortalité
infantile a connu un recul passant de 98 pour 1.000 naissances vivantes en
1999 à 91 pour 1.000 en 2005, la mortalité infanto-juvénile a également
enregistré une baisse passant de 176,9 pour 1.000 en 1999 à 163 pour 1.000
en 2005. Les niveaux de la mortalité infantile et infanto-juvénile en
milieu rural demeurent très préoccupants et se chiffrent, respectivement à
118 pour 1.000 et 204 pour 1.000.
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Les
principales causes de mortalité infantile sont entre autres, les
infections respiratoires aiguës (IRA) et en particulier la pneumonie, le
paludisme et la déshydratation induite par les diarrhées sévères. A ces
infections, s’ajoute l’anémie qui mine les capacités physiques et mentales
de l’enfant et constitue un handicap pour ses performances scolaires. De
plus, les enfants non vaccinés d’une part et les enfants mal nourris
d’autre part, courent un risque élevé de mortalité et de morbidité.
Le taux de mortalité
maternelle est très élevé et se chiffre à 980 pour 100.000 naissances
vivantes en 2005. Il est difficile de le comparer aux publications
antérieures remontant à 1999 (528 pour 100.000 naissances vivantes) à
cause de l’amélioration de la collecte qui a permis de mieux cerner la
mortalité des adultes.
Sur le plan de la
vaccination, des progrès sensibles ont été obtenus entre 1999 et 2005. La
proportion d’enfants complètement vaccinés contre les maladies cibles du
PEV est passée de 32 % en 1999 à 37% en 2005. A l’inverse, la proportion
d’enfants n’ayant reçu aucune vaccination continue de chuter de façon
importante, passant de 21% en 1999 à 14% en 2005, tandis que le taux de
vaccination par antigène est en hausse sur la période 1999-2005 à
l’exception de la rougeole: BCG (76 % à 79 %), DTCoq 3 (46 % à 51 %),
Polio 3 (43 % à 50 %) et rougeole (50 % à 50 %). Des disparités existent
selon le milieu de résidence et les régions administratives.
La situation
nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans s’est dégradée avec toutes
ses conséquences sur la morbidité et la mortalité des enfants de moins de
5 ans. Le pourcentage d’enfants atteints de malnutrition chronique est
passé de 26 % en 1999 à 35 % en 2005, soit une hausse de 35 % en 6 ans.
Les carences en iode et l’anémie sont aussi largement répandues chez les
enfants de moins de 5 ans et les femmes.
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Les maladies
endémiques telles que le paludisme et la tuberculose, continuent d’être
des problèmes de santé publique en Guinée. S’agissant de la pandémie du
VIH/SIDA, les tests réalisés au niveau national montrent que la prévalence
se chiffre à 1,5 %. Les femmes, avec un taux de prévalence de 1,9 %, sont
nettement plus infectées que les hommes (0,9 %). Il en résulte un ratio
d’infection de 2,1 entre les femmes et les hommes.
En ce qui concerne
la satisfaction des bénéficiaires des services de santé, beaucoup
d’efforts restent à faire pour améliorer la qualité des prestations. En
effet, 53,7 % des bénéficiaires des services de santé ne sont pas
satisfaits des prestations fournies à cause du coût élevé des services, de
la qualité du traitement et du manque de médicaments.
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Vente à emporter de médicaments |
S’agissant du
financement du secteur de la santé, il demeure faible et représentait 6 %
du budget total de l’Etat en 2006 (0,4% du PIB). Ce qui paraît insuffisant
pour accomplir des services de santé de qualité au niveau de l’ensemble du
pays. Par ailleurs, l’étude sur l’incidence des dépenses publiques, révèle
que les ménages les plus pauvres utilisent moins les services de santé que
les ménages plus aisés et en outre, ils utilisent de services qui sont
typiquement de moins bonne qualité (ou à tout le moins qui coûtent moins
cher à l’Etat, tels que les soins donnés dans un poste de santé, à
comparer aux soins donnés dans un hôpital).
La pandémie du Sida
gagne du terrain, toutefois des efforts sont déployés pour endiguer le
fléau. En 2005, sur 5002 femmes testées, 1550 ont été mises sous
traitement anti-rétroviral dont 1295 sous traitement gratuit AVR. Sept
(7) microscopes à fluorescence et trois (3) compteurs CD4 ont été
achetés; sept (7) Centres de dépistage volontaire et six (6) Centres de
traitement ambulatoires à Matam, Donka, Mamou, Labé, Faranah et Guéckédou
ont été réhabilités ; quatre (4) Centres régionaux de transfusion sanguine
à Labé, Kindia, Kankan et NZérékoré ont été rénovés ; 100 000
moustiquaires ont été distribuées.
Par ailleurs, 7800
orphelins du Sida sont pris en charge dont 1078 filles. Cette mesure
contribue à atténuer aussi bien les souffrances des PVVIH qu’à réduire
leurs charges financières. Ce qui contribue à lutter contre la pauvreté
et favorise dans une certaine mesure, la durée de vie des malades du Sida.
La synergie des
actions a permis de maintenir le taux de prévalence du VIH/SIDA en dessous
de 5%, comme prévu par les objectifs du DSRP; 1,5% au niveau national ;
1,9% chez les femmes et 0,9% chez les hommes, ce qui correspond à un ratio
de de féminité 2,1.
La pauvreté et l’accès à l’éducation
[haut]
En 1999, le taux
brut de scolarisation au primaire était évalué à 53,5% contre une moyenne
de 72% dans l’ensemble des pays au Sud du Sahara. Des progrès importants
ont été réalisés en matière de scolarisation. Au primaire le taux brut de
scolarisation (TBS) a augmenté de 16 points sur la période 2001-2006,
passant de 62 % à 78%. Quant au Taux Net de Scolarisation (TNS), il est
passé de 57 % en 2001/2002 (dont 52 % pour les filles) à 63 % en 2005/2006
(dont 57 % pour les filles). Le taux d’achèvement du cycle primaire qui
était de 27 % en 2000/2001 a atteint 60 % en 2005/2006.
Au niveau du
secondaire, les progrès ont été moins perceptibles que ceux enregistrés au
niveau du primaire. En effet, le TBS dans le secondaire premier cycle pour
l’ensemble du pays est faible et se situe à 43 % en 2005/2006 contre 12 %
en 1989/1990. Au niveau du secondaire second cycle, le TBS est passé de 5
% à 23 % sur la même période. Dans l’enseignement technique professionnel,
le nombre d’élèves pour 100.000 habitants a augmenté en moyenne de 90 en
1990 à 180 en 2003.
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Malgré ces
résultats, des disparités subsistent encore entre sexes, zones urbaines et
zones rurales et entre Régions Administratives. Au primaire, les filles
ont été les premières bénéficiaires de l’expansion de l’éducation, mais
elles continuent d’enregistrer des TBS plus faibles que les garçons. Le
TBS des filles a progressé de 51 % à 70 % sur la période 2000-2006,
réduisant ainsi l’écart de scolarisation entre les filles et les garçons
(l’indice de parité filles/garçons est passé de 0,66 à 0,81 sur la
période).
En dépit des progrès
remarquables accomplis en matière d’éducation, d’énormes efforts restent à
faire au niveau de l’amélioration de la qualité des prestations fournies
et de l’augmentation du niveau de financement de l’éducation. En effet,
près de 66 % des bénéficiaires des services d’éducation au primaire et 63
% au secondaire ne sont pas satisfaits des services fournis. Les
principales raisons évoquées sont le manque de livres et de fournitures,
le manque d’enseignants, le mauvais état de l’établissement, la qualité
de l’enseignement dispensé, la violence en milieu scolaire et le manque de
discipline. La levée de ces contraintes permettra d’améliorer l’efficacité
interne du système, notamment les taux de redoublement (10 % au primaire
en 2005/2006)
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En ce qui concerne
l’éducation non formelle, réalisée à travers les Centres NAFA et les
actions d’alphabétisation fonctionnelle et d’alphabétisation
professionnalisante, l’exécution des programmes d’alphabétisation a
permis, entre autres, de disposer environ 3.700 centres d’alphabétisation
fonctionnelle dont 83% en zone rurale avec près de 28 % de centres
féminins, d’alphabétiser plus de 457.624 adultes dont environ 103.043
femmes et jeunes filles et d’ouvrir 168 centres NAFA fonctionnels avec un
effectif d’environ 6.000 apprenants, pour près de 80 % de filles. De
fortes disparités sont enregistrées en matière d’alphabétisation entre
sexe (près de 86 % pour les femmes et 54,3 % pour les hommes) et régions
administratives (près de 87 % dans la région de Kankan et 78 % dans la
région de N’Zérékoré).
En ce qui concerne
le financement public des services d’éducation, il demeure faible (1,4 %
du PIB), niveau nettement inférieur à la moyenne des pays africains au Sud
du Sahara (4 %). Par ailleurs, l’étude sur l’incidence des dépenses
publiques d’éducation révèle que les populations pauvres bénéficient
seulement d’une infime partie des dépenses publiques.
La Pauvreté selon la catégorie socio-professionnelle
[haut]
L’analyse du lien
entre la pauvreté et l'appartenance des individus à un ménage dirigé par
une catégorie socioprofessionnelle est très importante en matière de
politique économique notamment dans la lutte contre la pauvreté.
En effet, l’un des
objectifs de la stratégie de réduction de la pauvreté est de favoriser des
politiques pro-pauvres (redistribution des revenus en faveur des pauvres,
promotion des secteurs porteurs de croissance, accroissement de la
production de biens et services orientés vers l'exportation). Alors, une
telle analyse permettrait un meilleur ciblage des pauvres aux fins de
répondre les objectifs fixés.
Ainsi, en Guinée,
l'incidence de la pauvreté est très élevée au niveau des individus dont le
chef de ménage est indépendant éleveur (72 %) ou indépendant agriculteur
de subsistance (62,5%). Ces informations sont indépendantes du niveau
d’indice de pauvreté choisi. Toutefois, les chefs de ménages indépendants
agriculteurs de substance contribuent à hauteur de 53% environ à
l’aggravation de la pauvreté.
Les ménages dirigés
par des inactifs ou chômeur sont touchés par un taux de pauvreté d’environ
49% et les chefs de ménages indépendants agriculteur s producteur de
cultures d'exportation 43,5 %.
Par ailleurs, les
ménages dont le chef est un salarié du secteur privé non agricole ou du
secteur public/parapublic ressentent moins la pauvreté par rapport aux
autres catégories, avec un taux de 17,1% et 21,1 %, respectivement.
Pauvreté
et accès aux infrastructures socio-économiques [haut]
L’insuffisance
d’accès aux infrastructures (eau, électricité, assainissement, routes et
téléphone, etc..) affecte fortement le niveau de vie des populations et
constitue un handicap pour le décollage économique.
Les forages
constituent la première source d’approvisionnement des ménages en eau de
boisson au niveau de l’ensemble du pays et surtout en milieu rural, zones
pauvres : près de 34% des ménages l’utilisent au niveau national contre
45,6% en milieu rural. L’accès des ménages à l’eau potable est passé de
51,2 % en 1994 à près de 62 % en 2003. Le robinet étant la principale
source d’approvisionnement en eau des ménages de Conakry (90,6 %) et dans
les villes de l’intérieur (52 %), la fourniture en eau s’est fortement
dégradée ces dernières années.
La situation
énergétique de la Guinée est caractérisée par un faible niveau de
consommation d’énergie par habitant. Le bois de cuisine et le charbon de
bois constituent les principaux combustibles utilisés par les ménages pour
faire la cuisine et la lampe à pétrole comme principal mode d’éclairage.
Plus de 76 % des ménages ont recours au bois de cuisine et près d’un
ménage sur cinq (21,6 %) au charbon de bois. S’agissant des hydrocarbures,
les produits pétroliers consommés sont importés. En ce qui concerne
l’énergie électrique, notre pays bien que naturellement doté d’un
potentiel hydroélectrique considérable utilise principalement le mode de
production thermique (95%) pour la production de l’électricité. Le taux de
couverture du pays est extrêmement faible et le potentiel de production
hydroélectrique peu exploité. Dans les villes, la fourniture d’électricité
est irrégulière et sujette à de fréquentes coupures.
L’accès au téléphone
est faible : 2.2% de la population pour le téléphone fixe et 3.7% pour le
mobile. Cet accès est essentiellement urbain et ce principalement pour les
individus du 5ème quintile. A titre d’exemple, seul 0.3% de la population
du 1er quintile a accès au téléphone fixe et 0.2% au téléphone
cellulaire.
Les difficultés
auxquelles sont confrontées les populations du fait de la faiblesse des
services de transport sont réelles. Les ménages mettent en moyenne 52
minutes pour accéder aux services de transport public le plus proche,
mais 28% des ménages mettent plus d’une heure. Ce qui s’explique par la
faiblesse des infrastructures de transport, notamment le réseau routier
(bitumé à hauteur de 28,7 %). La densité routière de la Guinée est faible
(2,9 km pour 100 KM2) comparativement à celle des autres pays l’Afrique
Sub-saharienne (6 à 10 Km/100 KM2).
Les services
d’assainissement sont caractérisés par une absence/ou insuffisance
notoire, qu’il s’agisse de l’évacuation des eaux de pluie et des eaux
usées ou de l’élimination des déchets solides. Seulement 2,1% des ménages
guinéens utilisent des toilettes avec chasse d’eau. Ce type de toilette se
retrouve généralement à Conakry (9,2%) chez les ménages à revenus élevés.
L’évacuation des eaux vannes se fait principalement par des latrines
souvent sommaires. Les ménages qui ne disposent d’aucun système
d’assainissement représentent 27,1%. Ce ratio atteint 37,6% en milieu
urbain. Le principal mode d’évacuation des ordures ménagères est le rejet
dans la nature (espaces libres, cours d’eau, mer, caniveaux, etc..). Cette
pratique est utilisée par 77 % des ménages (93 % en milieu rural, 18,1 % à
Conakry et 64,4% dans les autres centres urbains). Les déchets industriels
et toxiques (formations sanitaires, laboratoires, abattoirs et enclaves
minières) sont également rejetés dans la nature.
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Toutes
les détails d'analyse sur la pauvreté en Guinée
dans les documents à télécharger de la bibliothèque virtuelle du
site
Bibliothèque |
Pauvreté et accès aux services énergétiques [haut]
La situation
énergétique de la Guinée est caractérisée par un faible niveau de
consommation d’énergie par habitant, moins d’une demi-tonne équivalent
pétrole (TEP) dont 80% provenant de la biomasse, 18% des hydrocarbures et
2% de l’électricité.
Le bois de cuisine
et le charbon de bois constituent les principaux combustibles utilisés par
les ménages pour faire la cuisine, du essentiellement à la faible
pénétration des combustibles modernes. De nos jours, plus de 76% des
ménages ont recours au bois de cuisine et près d’un ménage sur cinq
(21,6 %) au charbon de bois. Ce qui engendre des effets pervers sur
l’écosystème.
Par ailleurs pour
assurer sa consommation en les produits pétroliers, le pays fait recours à
l’importation. C’est ainsi, en 2005, l’ensemble des importations reçues
aux ports de Conakry et de Kamsar totalisait 692.286 TM contre 727.820 TM
en 2004 et 721.727 TM en 2003. Le mazout, utilisé essentiellement par les
Sociétés minières pour la calcination de la bauxite et EDG pour la
production d’électricité constitue le principal produit pétrolier importé.
Le gasoil utilisé principalement pour le transport, la production
d’électricité, les travaux publics et l’agriculture vient en seconde
position. L’essence sert exclusivement pour le transport. Enfin, le
kérosène est utilisé, en grande partie, par l’aviation et aussi pour des
besoins domestiques.
Bien que
naturellement doté d’un potentiel hydroélectrique considérable, notre
utilise principalement le mode de production thermique (95%) pour la
production de l’électricité. Le taux de couverture du pays est extrêmement
faible et le potentiel de production hydroélectrique peu exploité. Les
activités de la société EDG sont concentrées dans les centres urbains.
Dans les villes, la fourniture d’électricité est irrégulière et sujette à
de fréquentes coupures. Les principales causes sont : (i) la faible
productivité de la Société EDG qui fournit moins de 35% de la demande en
2006 ; (ii) la forte dégradation des équipements de production et de
transport ; (iii) le mauvais état des réseaux de transport et de
distribution de l’énergie électrique ; (iv) l’insuffisance des
investissements dans le sous secteur de l’électricité ; (v) le
déséquilibre financier important ; (vi) et la faiblesse du cadre
institutionnel.
Comme conséquences,
la lampe à pétrole est utilisée comme principal mode d’éclairage et le
bois et /ou ses dérivées (charbon) comme unique source d’énergie pour la
cuisson.
En matière
d’éclairage, le pétrole est utilisé par près de deux tiers des ménages et
l’électricité par 20% des ménages. A l’instar de l’eau, les questions
d’offre sont déterminantes pour le mode d’éclairage domestique. De fait,
l’utilisation de l’électricité pour s’éclairer dépend de la localisation
de la zone par rapport à Conakry. Plus on s’en éloigne, moins on
l’utilise. Ainsi, 90% utilisent l’électricité à Conakry, seulement 17% en
Basse Guinée et moins de 5% dans les autres régions.
Par ailleurs,
l’utilisation de l’électricité est également fonction du niveau de vie des
ménages. Elle concerne moins de 3% des personnes du quintile le plus
pauvre, et près de 2 personnes sur 5 du quintile le plus riche (40%). Pour
ce qui est de la cuisson, les ménages ont recours au charbon de bois à
Conakry et au bois de chauffe dans les Régions. L’électricité et le gaz ne
sont utilisés que par 1,5% des ménages. Même pour les ménages du quintile
le plus riche, le bois de chauffe et le charbon de bois demeurent les
principales sources d’énergie. Quand on compare la situation actuelle à
celle prévalant il y a cinq ans, on constate qu’il y a de très légères
améliorations. Le pourcentage de personnes utilisant l’électricité au
niveau national est passé de 17,8% à 19%.
En réalité, ces
améliorations ont concerné essentiellement la capitale où ce pourcentage
est passé de près de 85% à 90% et dans une certaine mesure la Basse
Guinée. Outre la faiblesse de l’accès des ménages à l’électricité, la
qualité du service offert est plutôt médiocre, les coupures étant
fréquentes. Les conséquences en sont la baisse de la productivité de
l’économie qui entraîne elle-même le ralentissement de la croissance et
donc l’aggravation de la pauvreté. Rares des Communes urbaines et centres
miniers disposant du courant électrique. Dans le pays note Cette une
quasi-absence de l’électricité et plus particulièrement en milieu rural
ce, en dépit de la mise en œuvre du Projet d’électrification rurale
décentralisée (BERD).
Pauvreté et accès aux services d’assainissement [haut]
En Guinée, les
établissements humains sont caractérisés par l’absence/ou l’insuffisance
de services d’assainissement, qu’il s’agisse de l’évacuation des eaux de
pluie et des eaux usées, ou de l’élimination des déchets solides. L’une
des conséquences directes est la dégradation du milieu naturel, et
l’impact négatif sur la santé des populations.
En ce qui concerne
l’évacuation des eaux usées, elle se fait généralement par fosses ou par
épandage sur le sol. Elles sont également déversées dans les caniveaux,
les rues et les espaces libres. Il n’existe pratiquement pas
d’infrastructures d’assainissement collectif ou semi collectif
d’évacuation et de traitement des eaux usées à l’exception de Conakry où
le réseau d’égouts se limite à la Commune de Kaloum. Il faut noter
l‘inexistence de latrines publiques à l’exception de quelques unes
desservant les marchés, les gares routières, et les bâtiments
administratifs. Les autres centres urbains sont quasiment dépourvus
d’assainissement collectif. Malgré la densité élevée de peuplement, n’y
sont utilisés que des ouvrages d’assainissement individuels.
Seulement 2,1% des
ménages guinéens utilisent des toilettes avec chasse d’eau. Ce type de
toilette se retrouve généralement à Conakry (9,2%) dans les ménages à
revenus élevés. L’évacuation des eaux vannes se fait principalement par
des latrines souvent sommaires, qui desservent environ deux ménages sur
trois au niveau national (66,8%). Dans ce lot, seulement 44,1% sont des
latrines couvertes. Les ménages qui ne disposent d’aucun système
d’assainissement représentent 27,1%. Ce ratio atteint 37,6% en milieu
urbain.
Quant aux déchets
solides, le principal mode d’évacuation des ordures ménagères est le rejet
dans la nature (espaces libres, cours d’eau, mer, caniveaux, etc..). Cette
pratique est utilisée par 77% des ménages (93% en milieu rural, 18,1% à
Conakry et 64,4% dans les autres centres urbains). Pour les déchets
solides industriels et toxiques (déchets contaminés biologiquement des
hôpitaux, des laboratoires, des abattoirs et des enclaves minières), ils
sont généralement rejetés dans la nature, dans les cours d’eau ou dans la
mer et suivent le même traitement que les autres déchets.
Le ramassage public
des ordures ménagères ne se fait qu’à Conakry et concerne 55,4% des
ménages ; le ramassage privé compte pour 10,5% et l’incinération pour
6,1%. En dehors de Conakry, Labé est la seule ville qui dispose d’une
décharge sommairement aménagée. Dans toutes les autres villes, les
décharges ne sont pas contrôlées, et les systèmes de transfert des ordures
sont inappropriés.
Pauvreté
et emploi [haut]
L’emploi est l’un
des principaux déterminants de la pauvreté, car c’est le moyen le plus
sûr pour s’affranchir de la pauvreté grâce aux revenus qu’il procure.
En Guinée, le taux
global d’activité économique est fortement fonction du niveau de pauvreté
des ménages.
Il est de 49% dans
les ménages pauvres et de 42,3% dans les ménages non pauvres. Au niveau
des hommes et des femmes pauvres, il est respectivement de 47,5% et 50,3%
contre 43,4% et 41,2%, au niveau des non pauvres. Le taux de dépendance
économique des non pauvres est de 136,6% alors que chez les individus
pauvres, 100 individus pauvres supportent la charge économique de 104
personnes. Les non pauvres sont plus frappés par le phénomène de sous
emploi (24,5%) que les pauvres (15,6%), à cause probablement du fait que
ces derniers sont obligés d’exercer plusieurs activités pour survivre.
Les ménages guinéens
mènent plusieurs activités sur le marché du travail afin d’améliorer leurs
conditions de vie. Parmi ces stratégies, il y a l’exercice (en plus de
l’activité principale), d’une activité secondaire ou tertiaire par le chef
de ménage, et le fait de faire participer d’autres membres du ménage à
l’activité économique. On attend naturellement de ces différentes
stratégies, qu’elles contribuent à réduire la pauvreté. Malheureusement,
les résultats obtenus ne répondent pas aux attentes. Ainsi par exemple,
les ménages ayant au moins trois actifs en leur sein ont un taux de
pauvreté plus élevé que ceux comptant deux actifs du fait qu’ils exercent
généralement des emplois qui ne sont pas bien rémunérés.
Il est très
difficile de marquer la limite entre l’emploi et le chômage, parce que
tout emploi qui ne correspond pas à la qualification est perçu
généralement comme une simple «débrouillardise» et non comme une
occupation réelle.
Le chômage frappe
particulièrement les jeunes, selon leur niveau d’instruction (non
scolarisé, déscolarisé, diplômé, etc.), leur lieu de résidence (zone
rurale ou urbaine) et le niveau de vie des ménages. Les jeunes vivent
différemment la situation du chômage et du sous emploi en milieu rural et
usent de différents modes de comportements et d’actions pour y faire face.
Le chômage touche 16,6% de ceux qui ont atteint un niveau d’éducation du
secondaire 2ème cycle, 15,4% de ceux qui ont achevé l’enseignement
technique professionnel et près de 12% des nantis d’un diplôme
universitaire ou post-universitaire.
Cette situation
s’explique essentiellement par l’inadéquation entre la formation offerte
par les institutions de formation et les besoins de l’économie guinéenne.
Pauvreté
et activités agricoles [haut]
L’agriculture
constitue la principale activité des ménages pauvres et la première source
de revenus des ménages ruraux. Les ménages d’agriculteurs enregistrent des
taux élevés de pauvreté (62,5%). Ils contribuent à hauteur de 53,2% à la
pauvreté globale. Le type d’agriculture pratiqué en Guinée est
essentiellement une agriculture de subsistance pouvant difficilement
procurer des revenus substantiels.
Les superficies
cultivées sont généralement faibles. En effet, même si la superficie
moyenne des parcelles détenues par les ménages est de 9.8 ha, cette
moyenne est en fait tirée vers le haut par une faible proportion
d’agriculteurs relativement bien lotis, puisque la moitié des
exploitations agricoles ont moins de 2 ha, et les deux tiers ont moins de
3 ha. Bien que la quasi-totalité (94%) des ménages agricoles possèdent un
outil manuel (machette, houe, râteau, brouette, etc.), un peu plus d’un
sur dix seulement (13%) détient un outil à traction animale ou mécanisé.
Il s’agit donc d’une agriculture manuelle. On n’est donc pas surpris de
constater que le niveau de capital productif déclaré de ces exploitations
agricoles soit extrêmement faible (30 116 GNF soit 15 dollars au cours
officiel au moment de l’enquête).
Dans ces conditions,
les rendements et la capacité de vente ne peuvent être que faibles. Quand
on y ajoute la faiblesse des infrastructures routières, le taux élevé de
pauvreté de cette catégorie de la population se comprend aisément. Ce qui
constitue un véritable défi pour la réduction de la pauvreté en milieu
rural. Les pauvres de ce milieu tirent l'essentiel de leurs revenus
(65,2%) des activités agricoles.
Ces résultats
indiquent clairement l’intérêt à accorder au développement du secteur
agricole et aux zones rurales en général, si l’on veut réduire rapidement
la pauvreté.
Pauvreté et sécurité alimentaire [haut]
Selon les résultats
de l’Enquête sur le questionnaire des indicateurs de base du bien-être
(QUIBB/2002), la proportion de la population qui souffre de faim et de
malnutrition est passée de 25% en 1992 à 34% entre 1997, et varie entre 44
et 85% en 2002 – 2003. Dans le détail, 7% de la population ont
régulièrement des difficultés à se nourrir, 22,8% en ont souvent, 43% en
rencontrent quelque fois et 12% en ont rarement. La sous-alimentation est
plus accentuée en milieu rural où 36,2% des ménages sont confrontés à une
malnutrition sévère. Les Régions administratives les plus touchées par la
sous alimentation sont N’Zérékoré (54,2%), Kankan (42%) et Faranah (38%).
Pauvreté
et genre et équité
[haut]
L’analyse genre de
la pauvreté montre également des disparités importantes au détriment des
femmes, en dépit de l’affirmation de l’égalité entre l’homme et la femme
devant la loi. En matière d’éducation, il a été constaté plus haut des
disparités frappantes entre les garçons et les filles. Quant au taux
d’alphabétisation des adultes (15 ans ou plus), les résultats de l’EIBEP
indiquent qu’il se chiffre à 14,1 % pour les femmes, contre 45,7 % pour
les hommes.
Au regard des
conditions de vie des femmes (86% des pauvres vivent en milieu rural ; et
ils sont constitués de 53,3% de femmes) et de leur poids démographique
(51% de la population), la pauvreté de la femme guinéenne, ne s’explique
pas seulement par le phénomène « genre » mais elle résulte également des
pesanteurs socio-économiques. Ainsi, au-delà d’une simple discrimination à
l’égard des femmes, la problématique genre constitue une dimension
importante à prendre en compte dans les stratégies de développement
économique et social
Outre la situation
défavorisée des femmes en matière d'éducation notée ci-dessus, elles
souffrent aussi d’un désavantage en termes de temps de travail, en raison
du cumul des activités familiales et professionnelles. Les femmes qui
pratiquent l'agriculture ont une charge de travail allant de 15 à 17
heures par jour. En outre, le travail des femmes est rendu plus pénible
par le manque d'outillage, le faible niveau de transformation des produits
alimentaires, et l’éloignement des points d'eau et des sources
d'approvisionnement en bois de chauffe. De plus, bien qu’elles soient à
l'origine de près de 80 pour cent de la production vivrière du pays, les
femmes ne disposent que d'un accès limité au crédit et à la propriété
foncière.
En milieu urbain,
les femmes sont pénalisées en matière d'emploi salarié. Elles occupent 22%
des emplois dans le secteur public, et 11% dans le secteur privé formel.
Elles sont peu représentées dans la vie politique, et comptent pour moins
de 10% des députés et des membres du gouvernement. En effet, en 2006, sur
32 membres du gouvernement, on ne comptait que 4 femmes. Au niveau du
gouvernement de large consensus mis en place en 2007, on ne compte que 3
femmes sur les 23 membres. Parmi les 52 chefs de grandes directions au
niveau de l’administration publique, on ne décompte que 6 femmes. Au
niveau des Institutions républicaines, la situation est la même :
Assemblée Nationale (22 femmes pour 92 hommes), Cour Suprême (3 femmes
pour 8 hommes), Conseil Economique et Social (10 femmes contre 35 hommes),
le Conseil National de la Communication ne compte aucune femme.
Dans
l’administration décentralisée on compte une femme au poste de gouverneur
de Région contre 7 hommes, et seulement 3 femmes Préfets sur 33. Moins de
20% des conseillers communaux sont des femmes.
Par ailleurs, sous
l’influence des valeurs socio–culturelles, les opportunités de promotion
sociale offertes aux femmes sont limitées aussi bien au niveau de la
famille qu’à celui de la collectivité: difficultés d’accès à la terre (les
enfants mâles sont souvent seuls héritiers du domaine familial), au
logement, à l’éducation, à des catégories d’activités professionnelles, au
processus de prise de décision, etc. Ce sont là autant de contraintes qui
entravent l’épanouissement de la femme au plan individuel et collectif, et
déterminent la pauvreté particulière dans laquelle vivent une large
majorité des femmes guinéennes.
En définitive, la
pauvreté est nettement plus marquée chez la femme ; qu’il s’agisse de
l’accès à l’éducation, à l’emploi formel et au revenu ou qu’il s’agisse
des conditions de travail ou de la répartition des charges (les charges
sociales liées à la procréation et à l’entretien de la famille exigent des
femmes d’importants efforts souvent non évalués dans la création des
richesses et, conséquemment, ne faisant l’objet d’aucune rétribution).
Interdépendances entre différentes dimensions de la pauvreté
[haut]
Le taux brut
de scolarisation au primaire n’est que de 28% pour les pauvres contre 64%
pour les non pauvres. Seulement 19% d’enfants d’agriculteurs sont
scolarisés (EIBC 1994/95). De même, seulement 12% des 20% des ménages les
plus pauvres consultent les services publics de santé, contre plus de 50%
pour les 20% de ménages les plus riches.
Il existe un
lien entre éducation des mères et santé des enfants, avec un taux de
mortalité infantile 2 fois plus élevé chez les mères sans éducation (112
pour mille) que chez celles ayant une éducation scolaire (61 pour mille,
EDS-1999).
Pauvreté et Gouvernance
[haut]
La bonne gouvernance peut se définir comme la gestion transparente et
responsable des ressources d’un pays. Elle implique des procédures de
prise de décision claires au niveau des pouvoirs publics et des
collectivités ; des institutions administratives, politiques et
républicaines transparentes ; la primauté du droit dans la gestion et la
répartition des ressources ; l’exercice effectif de la démocratie ; le
renforcement des capacités humaines et institutionnelles et la mise en
œuvre de mesures visant en particulier, la prévention et la lutte contre
la corruption et l’impunité.
L’analyse de la situation d’ensemble du pays, comme le montre l’évaluation
de la mise en œuvre de la SRP, atteste aujourd’hui que pour l’essentiel,
ces principes souffrent d’entorses dans leur application du fait de la
mauvaise gouvernance. Les problèmes de gouvernance se traduisent
généralement par de faibles performances économiques, la persistance
d’obstacles d’ordre institutionnel, juridique, de faibles capacités
professionnelles et organisationnelles et une corruption généralisée.
Les Institutions républicaines (Assemblée nationale, Cour Suprême, Conseil
économique et social, Conseil national de la communication) connaissent
des difficultés de fonctionnement imputables à la mauvaise situation
économique du pays. Toutes sont limitées dans l’exercice de leurs charges
par un certain nombre de handicaps notamment l’absence de tradition, de
capacité de recherche, d’information et de connaissances nouvelles. A cela
s’ajoute la question de la faiblesse des ressources humaines qui sont une
condition sine qua non de leur efficacité.
La montée de l’insécurité consécutive à plusieurs facteurs dont le trafic
et la consommation de la drogue (2 589 kg de cannabis, 295,7 kg de
cocaîne, 1 kg de hashis ont été saisis en 2007), a favorisé la
recrudescence de la criminalité. Le phénomène que constitue l’insécurité
est d’autant plus préoccupant qu’il n’est plus le triste apanage des
villes, mais est en passe de se ruraliser, atteignant ainsi les campagnes
où vivent effectivement les populations les plus pauvres du pays. La lutte
contre l’insécurité est rendue particulièrement difficile du fait de la
faiblesse des effectifs de police. En 2007, on compte 3933 policiers pour
une population d’environ 9 000 000 d’habitants soit un ratio de 1 policier
pour 2288 habitants. La démobilisation des volontaires recrutés lors des
attaques rebelles à nos frontières en 2000 et qui n’a pas été suivie de
mesures de réinsertion sociale en faveur de tous, est en soi également
lourde de conséquences sur le climat sécuritaire du pays.
Quant à la société civile au sein de laquelle on dénombre plus de 2000 ONG
et d’Associations communautaires, dans l’ensemble, elle est relativement
faible et sans grande expérience. Elle ne possède pas encore toutes les
aptitudes de base en matière d’organisation, de communication, de gestion
financière et de défense de ses intérêts pour jouer son rôle de véritable
partenaire du gouvernement.
Au plan politique, si le dialogue national amorcé en 2003 a suscité, à son
début, de l’espoir après la longue crispation qui l’avait caractérisé
depuis les premières élections de 1993, force est de reconnaître que cet
espoir s’est évanoui lors de l’organisation des consultations électorales
communales et communautaires de décembre 2005. En effet, malgré
l’introduction pour la première fois du bulletin unique et d’urnes
transparentes, ces consultations ont fait l’objet de contestations à cause
du manque de transparence qui les a entouré.
Pour remédier à ses insuffisances, l’Assemblée nationale a adopté une loi
créant une Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans la
perspective des élections législatives de décembre 2007. A cet égard, les
principaux bailleurs de fonds ont exprimé leur volonté d’accompagner ce
processus par un appui financier.
S’agissant de la gouvernance économique, elle est marquée par la
persistance de maigres performances économiques, l’accentuation de la
corruption et la faiblesse du système d’informations statistiques pour
l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques, projets et
programmes. En dépit de son potentiel de développement considérable, le
pays a traversé une crise économique et sociale sans précédent, marquée
par un ralentissement de la croissance, une inflation en forte
augmentation, des difficultés de paiement du service de la dette, le gel
des financements extérieurs et une aggravation sensible de la pauvreté.
L’absence de transparence dans la gestion des ressources et la culture de
l’impunité ont favorisé les détournements de deniers publics et une
corruption généralisée au niveau de tous les secteurs
Si par ailleurs la gouvernance économique et financière vise le
renforcement de la décentralisation et de la déconcentration de la gestion
publique, il faut cependant remarquer que cette dernière est encore
confrontée à l’insuffisance des ressources financières et à l’opacité de
la gestion elle- même. Les allocations de ressources aux structures
déconcentrées, sont souvent beaucoup plus théoriques qu’effectives.
Partant, c’est la capacité des Préfectures à fonctionner convenablement
qui diminue d’année en année, compromettant ainsi la réalisation de
nombreux objectifs de développement économique et social et de lutte
contre la pauvreté.
Au plan institutionnel, malgré les progrès enregistrés dans la rédaction
des textes régissant la décentralisation, ces derniers restent à bien des
égards encore imprécis. Ce manque de clarté contribue à l’inefficacité de
l’action des intervenants dans le développement. Au plan politique,
l’implication de l’administration centrale dans la mise en place des élus
locaux, le retard dans l’organisation des élections dont la conséquence
est la notabilisation de certains élus, les nominations à des postes
électifs et les révocations arbitraires d’élus, ont pesé lourdement sur la
volonté d’adhésion des populations au processus participatif. En ce qui
concerne les capacités, force est d’observer que la plupart des élus sont
encore soit analphabètes soit très insuffisamment formés pour pouvoir
exploiter les dispositions légales et réglementaires dont ils pourraient
se prévaloir pour exercer correctement leur mandat.
En Guinée, la justice est reconnue à juste titre comme un secteur
prioritaire. Cependant, le pays ne compte en 2007 que 250 magistrats soit
environ 1 magistrat pour 36 000 habitants. Leur moyenne d’âge est de 50
ans ; ce qui fait que c’est un corps vieillissant dont le renouvellement
s’impose afin de donner plus de dynamisme à l’appareil judiciaire. Le
dernier recrutement date de 1985. Le Conseil supérieur de la Magistrature
(CSM) n’est pas encore fonctionnel et le statut des magistrats reste
toujours lettre morte dans son application. A cela s’ajoute la vétusté des
infrastructures judiciaires. En effet, l’évaluation de la SRP a montré
qu’aucune juridiction de l’intérieur du pays n’est installée dans un
bâtiment répondant aux normes d’un Palais de Justice et aucun tribunal
n’est informatisé, ce qui rend difficile non seulement le travail et
l’organisation mais également la conservation des archives. Le crédit de
fonctionnement du Ministère de la Justice et des juridictions n’atteignant
pas 1% du budget de fonctionnement de l’Etat, c’est en définitive
l’indépendance et l’intégrité de la justice qui sont compromises.
Devant l’ampleur de la corruption dont la prévalence est estimée à 36%
selon l’Enquête nationale sur la corruption en Guinée (ENACOG) rendue
publique en 2005, les actions réalisées dans le cadre de la lutte contre
ce fléau sont encore insuffisantes. Peu de moyens sont mis à la
disposition de l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de
moralisation des activités économiques et financières.
Aussi, les pratiques de corruption, de détournements de deniers publics,
concussions, fraudes et autres malversations sont-elles monnaie courante
dans les actes posés dans toutes les sphères de l’activité nationale ? Les
résultats de l’ENACOG ressortent que deux hommes d’affaires sur trois
pensent que ses concurrents sont obligés de procéder toujours à des
paiements non officiels pour faire avancer leurs affaires. Environ 53% des
répondants ont déclaré n’avoir pas été satisfaits malgré ce paiement. En
plus, 71% des opérateurs économiques estiment que si un agent de l’État
transgresse les règles, ils n’ont aucun autre recours que de procéder à
des paiements non officiels. Qui plus est, l’ENACOG chiffre la valeur des
pots de vin payés annuellement à plus de 500 milliards de Francs Guinéens
et cela au détriment du Trésor national.
Les facteurs de la pauvreté
[haut]
La pauvreté
dépend de la structure de l’Economie. Aussi, l’un des facteurs
déterminants de la pauvreté en Guinée semble t-il être lié à la gestion
centralisée qu’a connue le pays durant de longues années. On note
également que la pauvreté tient en partie aux inégalités observées dans
l’allocation des ressources humaines. Par exemple, on relève qu’avec moins
de 20% de la population guinéenne, Conakry emploie 48% des médecins, 51%
des sages-femmes et 39% des infirmières du pays.
En termes
d’accès aux facteurs de production, on observe une très grande différence
entre les milieux urbains et les milieux ruraux.
Il en va de
même pour les moyens de transports en milieu rural où seuls 0,4% des
ménages possèdent une voiture comparé à 11% à Conakry et 6% dans les
autres centres urbains (EIBC, 1994/95).
L’enclavement de certaines zones et le coût élevé de transports
apparaissent aussi comme des facteurs importants de pauvreté.
L’accès au
crédit, la dégradation de l’environnement, les chocs exogènes, sont
relevés comme facteurs de pauvreté.
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