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Introduction
[top]
En Guinée, près de
53,6% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Pour lutter
de manière efficace contre la pauvreté et améliorer les conditions de vie
de ses populations, le Gouvernement a décidé de concevoir et de mettre en
œuvre une approche intégrée du problème en élaborant une stratégie devant
servir de cadre pour l’ensemble des politiques et programmes de
développement.
Cinq ans après le
lancement en 2002 de la mise en oeuvre du premier document de stratégie de
réduction de la pauvreté (DSRP I), la Guinée se trouve confrontée à une
situation économique et sociale particulièrement difficile. Durant les 4
dernières années, le taux de croissance économique annuel moyen s’est
établi à environ 2,3%, contre un objectif de 5% initialement fixé dans le
premier DSRP. Quant à l’inflation, en glissement annuel, elle est passée
de 5,4% en 2002 à 39,1% en 2006, contribuant ainsi à une détérioration du
pouvoir d’achat des populations.
Ces contre
performances, auxquelles s’ajoutent une baisse drastique des financements
extérieurs et la mauvaise gestion des ressources disponibles, ont
fortement affecté les conditions de mise en œuvre du DSRP1 et limité les
progrès accomplis dans le sens de la réalisation des objectifs du
millénaire pour le développement (OMD). Ainsi, l’incidence de la pauvreté
au niveau national, qui était de 49,2% en 2002, est passée à 53,6% en
2005. De même, l’offre et la qualité des services publics de base se sont
sensiblement détériorées. En 2005, plus d’un enfant sur cinq (21%) n’avait
pas encore accès à l’éducation primaire, tandis que le taux de mortalité
infanto - juvénile s’élevait à 163‰ et celui de la mortalité maternelle à
980 pour 100.000 naissances.
C’est dans ce
contexte quelque peu difficile, que le processus d’élaboration du second
Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP2) a été entamé.
Au regard de l’engagement du Gouvernement pour l’atteinte des OMD à
l’horizon 2015, d’une part, et du recoupement de ces objectifs avec les
priorités nationales, de l’autre, ce DSRP2 servira de cadre
d’opérationnalisation des OMD en Guinée pour la période 2007 - 2010.
L’élaboration du
présent Document s’est appuyée sur une série de travaux réalisés au cours
des trois (3) dernières années. Il s’agit de : (i) l’élaboration de trois
(3) rapports de mise en œuvre du DSRP1 ; (ii) l’évaluation du DSRP1, qui a
été réalisée par une équipe de consultants indépendants de décembre 2005 à
avril 2006; (iii) l’affinement des DSRP régionaux (2005-2006); et (iv) les
diagnostics sectoriels et l’évaluation des besoins pour l’atteinte des OMD
(janvier – décembre 2006). Ces différents exercices ont bénéficié de la
contribution de tous les acteurs (Administration, Institutions
républicaines, Organisations de la société civile, Populations à la base
et partenaires au développement), assurant ainsi au DSRP II une base
participative solide. Ce caractère participatif a été renforcé et élargi
durant tout le processus de formulation de la stratégie.
Le présent document
est structuré en six (6) chapitres, en plus des annexes qui complètent le
document. Le chapitre1 est consacré au diagnostic de la pauvreté dans le
pays ; le Chapitre 2 traite du contexte général de mise en œuvre de la
SRP, notamment au regard des contraintes macro-économiques et financières
du pays, de la problématique de la gouvernance et des enjeux et défis liés
à la mise en œuvre des OMD en Guinée ; le chapitre 3 porte sur
l’amélioration de la gouvernance considérée comme facteur déterminant de
lutte contre la pauvreté ; le quatrième chapitre concerne l’accélération
de la croissance et l’élargissement des opportunités d’emplois et de
revenus pour tous ; le cinquième chapitre touche l’amélioration de l’accès
des populations à des services sociaux de qualité, tandis que le sixième
et dernier chapitre aborde les mécanismes de mise en œuvre, de suivi et
d’évaluation de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté.
La pauvreté
selon la zone d’habitation
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La Haute Guinée
(67,5 %) et la Moyenne Guinée (55,4 %) demeurent les régions les plus
pauvres de la Guinée. Viennent ensuite la Guinée Maritime et la Guinée
Forestière. La Guinée Forestière enregistre un ratio de pauvreté de 54,4 %
alors qu’elle était la région la moins pauvre en 1994. Cette situation est
la conséquence directe de l’afflux de réfugiés qu’elle a abrité depuis le
début des hostilités au Libéria et en Sierra Léone et des attaques
rebelles en 2001, dégradant l’environnement, détruisant de nombreuses
infrastructures socio-économiques et occasionnant des pertes énormes au
niveau du capital des ménages (cheptel et plantation).
La pauvreté est
inégalement répartie entre les zones urbaines et rurales du pays. Elle
continue d’être un phénomène rural: près de 60 % de la population de ce
milieu est pauvre. Sur 100 personnes pauvres, 86 vivent en milieu rural.
Les autres indicateurs de mesure de pauvreté sont également défavorables
au milieu rural. Ainsi, l’écart par rapport au seuil de pauvreté du revenu
moyen d’une personne vivant en milieu urbain est de 6% alors qu’en milieu
rural, cet écart se situe à près de 22 % au-dessous de la ligne de
pauvreté, soit 3,5 fois plus. Cependant la pauvreté urbaine semble prendre
de l’ampleur : l’incidence de la pauvreté est de 21 % à Conakry et 27 %
dans les centres urbains de l’intérieur du pays. Les régions
administratives de Kankan (67 %), Labé (65 %), Faranah (61 %) et
N’Zérékoré (56 %) sont les plus touchées par le phénomène.
La pauvreté
selon le revenu
[top]
En 1994-95,
40,3% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté soit 300 USD
par an et par personne. A cette période, l’incidence de la pauvreté était
de 62% en Haute Guinée ; 51% en Moyenne Guinée ; 42% en Basse Guinée ; 33%
en Guinée Forestière ; 7% à Conakry. On constate également que la
consommation des 20% des gens les plus pauvres représentait à peine 7% de
la consommation totale. 20% des gens les plus riches, consomment 47% du
total.
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La pauvreté et l’accès
aux services de santé
[top]
La santé de la
population constitue également un des déterminants de la pauvreté à cause
de son incidence sur les aptitudes au travail des forces vives.
La mortalité
infantile a connu un recul passant de 98 pour 1.000 naissances vivantes en
1999 à 91 pour 1.000 en 2005, la mortalité infanto-juvénile a également
enregistré une baisse passant de 176,9 pour 1.000 en 1999 à 163 pour 1.000
en 2005. Les niveaux de la mortalité infantile et infanto-juvénile en
milieu rural demeurent très préoccupants et se chiffrent, respectivement à
118 pour 1.000 et 204 pour 1.000.
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Les
principales causes de mortalité infantile sont entre autres, les
infections respiratoires aiguës (IRA) et en particulier la pneumonie, le
paludisme et la déshydratation induite par les diarrhées sévères. A ces
infections, s’ajoute l’anémie qui mine les capacités physiques et mentales
de l’enfant et constitue un handicap pour ses performances scolaires. De
plus, les enfants non vaccinés d’une part et les enfants mal nourris
d’autre part, courent un risque élevé de mortalité et de morbidité.
Le taux de mortalité
maternelle est très élevé et se chiffre à 980 pour 100.000 naissances
vivantes en 2005. Il est difficile de le comparer aux publications
antérieures remontant à 1999 (528 pour 100.000 naissances vivantes) à
cause de l’amélioration de la collecte qui a permis de mieux cerner la
mortalité des adultes.
Sur le plan de la
vaccination, des progrès sensibles ont été obtenus entre 1999 et 2005. La
proportion d’enfants complètement vaccinés contre les maladies cibles du
PEV est passée de 32 % en 1999 à 37% en 2005. A l’inverse, la proportion
d’enfants n’ayant reçu aucune vaccination continue de chuter de façon
importante, passant de 21% en 1999 à 14% en 2005, tandis que le taux de
vaccination par antigène est en hausse sur la période 1999-2005 à
l’exception de la rougeole: BCG (76 % à 79 %), DTCoq 3 (46 % à 51 %),
Polio 3 (43 % à 50 %) et rougeole (50 % à 50 %). Des disparités existent
selon le milieu de résidence et les régions administratives.
La situation
nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans s’est dégradée avec toutes
ses conséquences sur la morbidité et la mortalité des enfants de moins de
5 ans. Le pourcentage d’enfants atteints de malnutrition chronique est
passé de 26 % en 1999 à 35 % en 2005, soit une hausse de 35 % en 6 ans.
Les carences en iode et l’anémie sont aussi largement répandues chez les
enfants de moins de 5 ans et les femmes.
Les maladies
endémiques telles que le paludisme et la tuberculose, continuent d’être
des problèmes de santé publique en Guinée. S’agissant de la pandémie du
VIH/SIDA, les tests réalisés au niveau national montrent que la prévalence
se chiffre à 1,5 %. Les femmes, avec un taux de prévalence de 1,9 %, sont
nettement plus infectées que les hommes (0,9 %). Il en résulte un ratio
d’infection de 2,1 entre les femmes et les hommes.
En ce qui concerne
la satisfaction des bénéficiaires des services de santé, beaucoup
d’efforts restent à faire pour améliorer la qualité des prestations. En
effet, 53,7 % des bénéficiaires des services de santé ne sont pas
satisfaits des prestations fournies à cause du coût élevé des services, de
la qualité du traitement et du manque de médicaments.
S’agissant du
financement du secteur de la santé, il demeure faible et représentait 6 %
du budget total de l’Etat en 2006 (0,4% du PIB). Ce qui paraît insuffisant
pour accomplir des services de santé de qualité au niveau de l’ensemble du
pays. Par ailleurs, l’étude sur l’incidence des dépenses publiques, révèle
que les ménages les plus pauvres utilisent moins les services de santé que
les ménages plus aisés et en outre, ils utilisent de services qui sont
typiquement de moins bonne qualité (ou à tout le moins qui coûtent moins
cher à l’Etat, tels que les soins donnés dans un poste de santé, à
comparer aux soins donnés dans un hôpital).
La pandémie
du Sisa
gagne du terrain en Guinée. En l’espace d’un an (2001-2002) le taux de
séroprévalence est passé de 1,4% à 2,8%. On dénombre 114.000 malades du
Sida. Ce chiffre représente la population d’une Préfecture moyenne. Elle
touche toutes les catégories socioprofessionnelles. Le coût du traitement
est de 480 dollars US dans les hôpitaux publics et 1 190 dollars US dans
les hôpitaux mixtes, pour une durée d’hospitalisation de 21 jours. Avec un
coût moyen de 560 dollars US, on estime qu’en 2005, le traitement
hospitalier de l’ensemble des sidéens coûtera 21 millions de dollars US
contre 12 millions en 2000.
La pauvreté et l’accès à l’éducation
[top]
En 1999, le taux
brut de scolarisation au primaire était évalué à 53,5% contre une moyenne
de 72% dans l’ensemble des pays au Sud du Sahara. Des progrès importants
ont été réalisés en matière de scolarisation. Au primaire le taux brut de
scolarisation (TBS) a augmenté de 16 points sur la période 2001-2006,
passant de 62 % à 78%. Quant au Taux Net de Scolarisation (TNS), il est
passé de 57 % en 2001/2002 (dont 52 % pour les filles) à 63 % en 2005/2006
(dont 57 % pour les filles). Le taux d’achèvement du cycle primaire qui
était de 27 % en 2000/2001 a atteint 60 % en 2005/2006.
Au niveau du
secondaire, les progrès ont été moins perceptibles que ceux enregistrés au
niveau du primaire. En effet, le TBS dans le secondaire premier cycle pour
l’ensemble du pays est faible et se situe à 43 % en 2005/2006 contre 12 %
en 1989/1990. Au niveau du secondaire second cycle, le TBS est passé de 5
% à 23 % sur la même période. Dans l’enseignement technique professionnel,
le nombre d’élèves pour 100.000 habitants a augmenté en moyenne de 90 en
1990 à 180 en 2003.
Malgré ces
résultats, des disparités subsistent encore entre sexes, zones urbaines et
zones rurales et entre Régions Administratives. Au primaire, les filles
ont été les premières bénéficiaires de l’expansion de l’éducation, mais
elles continuent d’enregistrer des TBS plus faibles que les garçons. Le
TBS des filles a progressé de 51 % à 70 % sur la période 2000-2006,
réduisant ainsi l’écart de scolarisation entre les filles et les garçons
(l’indice de parité filles/garçons est passé de 0,66 à 0,81 sur la
période).
En dépit des progrès
remarquables accomplis en matière d’éducation, d’énormes efforts restent à
faire au niveau de l’amélioration de la qualité des prestations fournies
et de l’augmentation du niveau de financement de l’éducation. En effet,
près de 66 % des bénéficiaires des services d’éducation au primaire et 63
% au secondaire ne sont pas satisfaits des services fournis. Les
principales raisons évoquées sont le manque de livres et de fournitures,
le manque d’enseignants, le mauvais état de l’établissement, la qualité
de l’enseignement dispensé, la violence en milieu scolaire et le manque de
discipline. La levée de ces contraintes permettra d’améliorer l’efficacité
interne du système, notamment les taux de redoublement (10 % au primaire
en 2005/2006)
En ce qui concerne
l’éducation non formelle, réalisée à travers les Centres NAFA et les
actions d’alphabétisation fonctionnelle et d’alphabétisation
professionnalisante, l’exécution des programmes d’alphabétisation a
permis, entre autres, de disposer environ 3.700 centres d’alphabétisation
fonctionnelle dont 83% en zone rurale avec près de 28 % de centres
féminins, d’alphabétiser plus de 457.624 adultes dont environ 103.043
femmes et jeunes filles et d’ouvrir 168 centres NAFA fonctionnels avec un
effectif d’environ 6.000 apprenants, pour près de 80 % de filles. De
fortes disparités sont enregistrées en matière d’alphabétisation entre
sexe (près de 86 % pour les femmes et 54,3 % pour les hommes) et régions
administratives (près de 87 % dans la région de Kankan et 78 % dans la
région de N’Zérékoré).
En ce qui concerne
le financement public des services d’éducation, il demeure faible (1,4 %
du PIB), niveau nettement inférieur à la moyenne des pays africains au Sud
du Sahara (4 %). Par ailleurs, l’étude sur l’incidence des dépenses
publiques d’éducation révèle que les populations pauvres bénéficient
seulement d’une infime partie des dépenses publiques.
La Pauvreté selon la catégorie socioprofessionnelle
[top]
Les
agriculteurs du sous-secteur vivrier constituent 68% des populations
pauvres. Au total, les agriculteurs, tous sous-secteurs confondus,
représentent 61% de la population. Ils constituent plus de 80% des
pauvres. Ces chiffres montrent la nécessité de développer le secteur rural
et les zones rurales pour réduire la pauvreté.
Pauvreté
et accès aux infrastructures socio-économiques [top]
L’insuffisance
d’accès aux infrastructures (eau, électricité, assainissement, routes et
téléphone, etc..) affecte fortement le niveau de vie des populations et
constitue un handicap pour le décollage économique.
Les forages
constituent la première source d’approvisionnement des ménages en eau de
boisson au niveau de l’ensemble du pays et surtout en milieu rural, zones
pauvres : près de 34% des ménages l’utilisent au niveau national contre
45,6% en milieu rural. L’accès des ménages à l’eau potable est passé de
51,2 % en 1994 à près de 62 % en 2003. Le robinet étant la principale
source d’approvisionnement en eau des ménages de Conakry (90,6 %) et dans
les villes de l’intérieur (52 %), la fourniture en eau s’est fortement
dégradée ces dernières années.
La situation
énergétique de la Guinée est caractérisée par un faible niveau de
consommation d’énergie par habitant. Le bois de cuisine et le charbon de
bois constituent les principaux combustibles utilisés par les ménages pour
faire la cuisine et la lampe à pétrole comme principal mode d’éclairage.
Plus de 76 % des ménages ont recours au bois de cuisine et près d’un
ménage sur cinq (21,6 %) au charbon de bois. S’agissant des hydrocarbures,
les produits pétroliers consommés sont importés. En ce qui concerne
l’énergie électrique, notre pays bien que naturellement doté d’un
potentiel hydroélectrique considérable utilise principalement le mode de
production thermique (95%) pour la production de l’électricité. Le taux de
couverture du pays est extrêmement faible et le potentiel de production
hydroélectrique peu exploité. Dans les villes, la fourniture d’électricité
est irrégulière et sujette à de fréquentes coupures.
L’accès au téléphone
est faible : 2.2% de la population pour le téléphone fixe et 3.7% pour le
mobile. Cet accès est essentiellement urbain et ce principalement pour les
individus du 5ème quintile. A titre d’exemple, seul 0.3% de la population
du 1er quintile a accès au téléphone fixe et 0.2% au téléphone
cellulaire.
Les difficultés
auxquelles sont confrontées les populations du fait de la faiblesse des
services de transport sont réelles. Les ménages mettent en moyenne 52
minutes pour accéder aux services de transport public le plus proche,
mais 28% des ménages mettent plus d’une heure. Ce qui s’explique par la
faiblesse des infrastructures de transport, notamment le réseau routier
(bitumé à hauteur de 28,7 %). La densité routière de la Guinée est faible
(2,9 km pour 100 KM2) comparativement à celle des autres pays l’Afrique
Sub-saharienne (6 à 10 Km/100 KM2).
Les services
d’assainissement sont caractérisés par une absence/ou insuffisance
notoire, qu’il s’agisse de l’évacuation des eaux de pluie et des eaux
usées ou de l’élimination des déchets solides. Seulement 2,1% des ménages
guinéens utilisent des toilettes avec chasse d’eau. Ce type de toilette se
retrouve généralement à Conakry (9,2%) chez les ménages à revenus élevés.
L’évacuation des eaux vannes se fait principalement par des latrines
souvent sommaires. Les ménages qui ne disposent d’aucun système
d’assainissement représentent 27,1%. Ce ratio atteint 37,6% en milieu
urbain. Le principal mode d’évacuation des ordures ménagères est le rejet
dans la nature (espaces libres, cours d’eau, mer, caniveaux, etc..). Cette
pratique est utilisée par 77 % des ménages (93 % en milieu rural, 18,1 % à
Conakry et 64,4% dans les autres centres urbains). Les déchets industriels
et toxiques (formations sanitaires, laboratoires, abattoirs et enclaves
minières) sont également rejetés dans la nature.
Pauvreté
et emploi [top]
Le taux global
d’activité économique est de 49 % chez les pauvres et 42,3 % chez les non
pauvres. Les non pauvres sont plus frappés par le phénomène de sous emploi
(24,5 %) que les pauvres (15,6 %) à cause probablement du fait que ces
derniers sont obligés d’exercer plusieurs activités pour survivre.
Il est très
difficile de marquer, la limite entre l’emploi et le chômage à cause du
fait que tout emploi qui ne correspond pas à la qualification est perçu
généralement comme une simple «débrouillardise» et non comme une
occupation réelle. Le chômage frappe particulièrement les jeunes diplômés
(16,6 % pour ceux qui ont atteint un niveau d’éducation du secondaire 2ème
cycle, 15,4 % pour ceux qui ont achevé l’enseignement technique
professionnel et près de 12 % pour ceux nantis d’un diplôme universitaire
ou post-universitaire).
Pauvreté
et activités agricoles [top]
Les activités
agricoles constituent les principales occupations des ménages pauvres
d’une part et la première source de revenus des ménages ruraux de l’autre.
Les ménages d’agriculteurs enregistrent des taux élevés de pauvreté (62,5
%). Ils contribuent à 53,2 % à la pauvreté globale. Le type d’agriculture
pratiqué est essentiellement une agriculture de subsistance, avec des
moyens manuels. Les rendements et les capacités de vente sont assez
faibles.
Pauvreté
et genre
[top]
L’analyse genre de
la pauvreté montre également des disparités importantes au détriment des
femmes, en dépit de l’affirmation de l’égalité entre l’homme et la femme
devant la loi. Le Taux Net de Scolarisation (TNS) est de 63 % en 2005/2006
(dont 57 % pour les filles). Le taux d’alphabétisation des adultes (15 ans
ou plus), se chiffre à 14,1 % pour les femmes contre 45,7 % pour les
hommes.
Toutes les études
effectuées jusqu’à maintenant ont montré que c’est parmi la population
féminine que l’on retrouve le plus grand nombre de pauvres : 86 % des
pauvres vivent en milieu rural et ils sont constitués de 53,3 % de femmes.
Les femmes qui pratiquent l'agriculture ont une charge de travail allant
de 15 à 17 heures par jour
En milieu urbain,
les femmes sont pénalisées en matière d'emploi salarié. Elles occupent 22
pour cent des emplois dans le secteur public et 11 pour cent dans le
secteur privé formel. Elles sont peu représentées dans la vie politique,
et comptent pour moins de 10 pour cent des députés et des membres du
gouvernement.
Interdépendances entre différentes dimensions de la pauvreté
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Le taux brut
de scolarisation au primaire n’est que de 28% pour les pauvres contre 64%
pour les non pauvres. Seulement 19% d’enfants d’agriculteurs sont
scolarisés (EIBC 1994/95). De même, seulement 12% des 20% des ménages les
plus pauvres consultent les services publics de santé, contre plus de 50%
pour les 20% de ménages les plus riches.
Il existe un
lien entre éducation des mères et santé des enfants, avec un taux de
mortalité infantile 2 fois plus élevé chez les mères sans éducation (112
pour mille) que chez celles ayant une éducation scolaire (61 pour mille,
EDS-1999).
Pauvreté et Gouvernance
[top]
Les problèmes de
gouvernance se traduisent généralement par de faibles performances
économiques, la persistance d’obstacles d’ordre institutionnel, juridique
et une corruption généralisée. En effet, selon l’EIBEP près de 7 % des
ménages guinéens estiment que leur pauvreté est liée à la mauvaise
gouvernance. L’absence de transparence dans la gestion des ressources et
la culture d’impunité ont favorisé les détournements de deniers publics et
une corruption généralisée au niveau de tous les secteurs.
Dans le cadre de la
gouvernance politique, la situation a été marquée par le boycott des
élections présidentielles et législatives par l’opposition radicale, la
reprise du dialogue politique, la libéralisation des ondes, l’indépendance
relative de la justice et la faible protection / promotion des droits
humains.
Les facteurs de la pauvreté
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La pauvreté
dépend de la structure de l’Economie. Aussi, l’un des facteurs
déterminants de la pauvreté en Guinée semble t-il être lié à la gestion
centralisée qu’a connue le pays durant de longues années. On note
également que la pauvreté tient en partie aux inégalités observées dans
l’allocation des ressources humaines. Par exemple, on relève qu’avec moins
de 20% de la population guinéenne, Conakry emploie 48% des médecins, 51%
des sages-femmes et 39% des infirmières du pays.
En termes
d’accès aux facteurs de production, on observe une très grande différence
entre les milieux urbains et les milieux ruraux.
Il en va de
même pour les moyens de transports en milieu rural où seuls 0,4% des
ménages possèdent une voiture comparé à 11% à Conakry et 6% dans les
autres centres urbains (EIBC, 1994/95).
L’enclavement de certaines zones et le coût élevé de transports
apparaissent aussi comme des facteurs importants de pauvreté.
L’accès au
crédit, la dégradation de l’environnement, les chocs exogènes, sont
relevés comme facteurs de pauvreté.
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