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Une nouvelle Vision du Développement de la Guinée
Participation,
responsabilisation, déconcentration / décentralisation de la gestion
publique, transparence.
Les Objectifs et principales Articulations de la Stratégie
de Réduction de la Pauvreté
Une
nouvelle Vision du Développement de la Guinée
[top]
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Depuis 2003, le taux de croissance économique annuel
moyen s’est établi à environ 2,3%, contre un objectif de 5%
initialement fixé dans le premier DSRP. L’inflation, en glissement
annuel, est passée de 5,4% en 2002 à 39,1% en 2006 ; ce qui a
contribué à une détérioration du pouvoir d’achat des populations. La
dégradation des conditions de vie des populations et la persistance de
la mal gouvernance ont conduit à de fortes tensions sociales qui ont
secoué le pays de mars 2006 à février 2007. La crise a favorisé
l’émergence d’une société civile plus active et mieux organisée et la
nomination d’un Premier Ministre de consensus, chef du gouvernement.
Le nouveau Gouvernement a donné une impulsion à l’élaboration du DSRP2
ayant pour vocation la mobilisation et la canalisation de tous les
efforts autour des objectifs prioritaires de développement du pays. |
L’élaboration du DSRPII intervient dans un contexte caractérisé par des
difficultés économiques sans précédent, des mouvements sociaux de grande
ampleur et un nouveau départ sur le plan de la gouvernance.
La nomination d’un Premier Ministre avec des pouvoirs élargis et le
renouvellement complet de l’équipe gouvernementale procèdent de
l’application des dispositions de l’accord politique de sortie de crise
signé entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Cependant, à
défaut d’un dialogue politique sincère entre les différents acteurs
débouchant sur des élections législatives transparentes et crédibles, le
climat politique pourrait se détériorer et conduire le pays vers des
lendemains imprévisibles. Le souci de satisfaire la demande sociale sans
cesse croissante et de relancer l’économie a conduit le Gouvernement à
l’élaboration d’un programme d’urgence qui intègre les trois axes du
DSRP2.
La préservation et le renforcement de la paix sociale et la relance du
développement économique et social constituent les principaux enjeux du
moment.
Le processus participatif d’élaboration du second DSRP découle de la
rédaction des trois rapports d’étape de mise en œuvre de la SRP, de
l’évaluation indépendante de la mise en œuvre du DSRP1, de l’affinement
des stratégies régionales de réduction de la pauvreté, de l’implication
de la société civile à travers les ateliers organisés en collaboration
avec la GTZ, des concertations et réflexions des membres des groupes
thématiques et des échanges avec les partenaires au développement,
notamment le PNUD, la Banque Mondiale, le FMI et l’Union Européenne.

Gare routière inondée
La formulation et la mise en œuvre d’une stratégie globale de
développement axée sur la croissance et la réduction de la pauvreté
reposent sur une vision qui sous-tend la participation et la
responsabilisation de tous les acteurs dans l’identification des
objectifs, la définition, la réalisation et l’évaluation des actions de
développement.
Il
s’agit de mettre en place, un partenariat ouvert, durable et constructif
entre tous les acteurs de la vie nationale pour accélérer le
développement du pays et assurer un mieux-être à tous les citoyens. Qui
plus est, une mobilisation accrue en faveur des couches les plus
vulnérables ou défavorisées constitue un devoir de solidarité nationale,
un gage de la paix et de la cohésion sociale et un facteur déterminant
pour un développement durable et équilibré.
Ce pari
ne peut être tenu sans une gouvernance participative, qui doit demeurer
la trame de fond de toute l’action publique. A cet effet, les efforts
entamés dans le sens de la déconcentration et de la décentralisation de
la gestion publique et l’amélioration de la transparence doivent être
poursuivis et renforcés. De même, chaque citoyen doit se sentir
pleinement concerné et doit prendre une part active dans la construction
de son devenir propre et du devenir collectif.
Quant à
ceux qui ont la charge de la gestion des affaires publiques, ils sont et
demeurent redevables vis-à-vis des populations à la base. Par la
qualification constante de la gouvernance participative et le
renforcement des capacités d’organisation de la Société civile,
s’affirmera, progressivement, une culture d’exigence et de redevabilité
des élus et des gouvernants vis-à-vis des populations.
Les
Objectifs et principales Articulations
de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté
[top]
La SRP,
de quoi s’agit-il? Il s’agit d’une stratégie globale de développement du
pays axée sur
l’instauration de la bonne gouvernance, la relance de la
croissance économique et la réduction de la pauvreté. L’enjeu majeur de
la SRP est de mobiliser toutes les ressources disponibles et de les
orienter vers la réalisation des objectifs prioritaires de développement
définis par les populations.
1.
Les objectifs de la SRP
·
L’objectif général de la stratégie est la réduction significative et
durable de la pauvreté en Guinée.
·
Les objectifs spécifiques qui sous-tendent cette réduction de la
pauvreté ressortent des principales préoccupations exprimées par les
populations lors des consultations à la base. Il s’agit d’augmenter les
revenus, d’améliorer l’état de santé, le niveau d’éducation et plus
généralement les conditions de vie et d’épanouissement des populations
et particulièrement les plus pauvres, grâce à une gouvernance de
qualité, efficace et soucieuse du bien-être de tous .
Quelques objectifs quantitatifs :
·
Réduire
l’incidence de la pauvreté monétaire, au niveau national, de
53,6% en 2005 à 49,2% en 2010
·
Réduire le taux d’inflation en moyenne de 34,7% en 2006 à 4,2% en 2010
·
Porter le taux d’accès au primaire de 75% en 2005 à 91% en 2010 et le
taux de parité filles/garçons au primaire de 0,81 à 0,92 durant la même
période
·
Réduire
le taux de mortalité infantile de
91‰ en 2005 à 50‰ en 2010
·
Réduire
le taux de mortalité maternelle de
980 pour 100.000 naissances en 2005 à 700 pour 100.000 en 2010
·
Augmenter le taux d’accès à l’eau potable de
62,3% en 2002 à 92,8% en 2015
·
Porter le taux d’accès à l’électricité de 18,8% en 2002 à 65% en 2010
·
Porter la télé densité fixe de 0,3% en 2006 à 15% en 2015, contre 4,5%
et 25% pour la télé densité mobile durant le même période
2.
Les grandes
orientations de la stratégie
[top]
La SRP
est bâtie autour de 3 axes principaux :
Axe 1: Amélioration de la gouvernance
et renforcement des capacités institutionnelles et humaines
[top]
Le préambule de la Loi Fondamentale pose le principe de l’opposition
solennelle du peuple à tout régime fondé sur la dictature, l’injustice,
la corruption, le népotisme et le régionalisme. En vertu de ces
dispositions constitutionnelles, différentes institutions républicaines
ont été mises en place ; la libéralisation de l’économie et la liberté
de la presse également proclamées.
L’amélioration de la gouvernance et le renforcement des capacités
institutionnelles et humaines consistent:
·
à l’amélioration de la gouvernance politique et démocratique par : (i)
le renforcement des institutions républicaines, (ii) la promotion des
droits humains, (iii)
la préservation et le renforcement de la stabilité et de la sécurité;
(iv) la promotion et le renforcement des capacités de la société civile,
y compris les médias; (v) la promotion du dialogue et le renforcement
des capacités des partis politiques ; (vi) la promotion de l’équité du
genre:
·
au renforcement de la gouvernance économique à travers (i) le
renforcement des capacités d’analyse et de prévision macro-économique,
des capacités en matière de planification stratégique et de production
d’informations statistiques, (ii) l’amélioration des capacités de
programmation et de gestion des finances publiques
·
à la lutte contre la corruption et l’impunité à travers (i)
l’amélioration de la transparence dans la gestion des ressources
naturelles, (ii) le renforcement du cadre légal et institutionnel
anti-corruption, (iii) le renforcement de la prévention, de la détection
et de la répression de la corruption, (iv) l’organisation de campagnes
régulières d’information et de sensibilisation sur le phénomène de la
corruption et ses répercussions sur le processus de développement
socio-économique et dans l’aggravation de la pauvreté
·
à l’amélioration de la gouvernance administrative par (i) le
renforcement du cadre institutionnel, (ii) l’amélioration de la qualité
du service public, (iii) l’amélioration de la gestion des ressources
humaines et (iv) le renforcement de la compétence professionnelle des
fonctionnaires
·
à l’amélioration de la gouvernance locale par (i) le renforcement de la
décentralisation et de la déconcentration, (ii) le renforcement de la
neutralité de l’administration lors des consultations électorales, (iii)
la plus grande implication des organisations de la société civile dans
la gestion des collectivités, (iv) la promotion du patrimoine culturel
communautaire
·
à l’amélioration du genre et de l’équité en (i) assurant aux femmes
l’égalité de d’accès et la pleine participation aux structures du
pouvoir et à la prise de décision, (ii) donnant aux femmes les moyens de
participer à la prise de décision et d’exercer des responsabilités,
(iii) favorisant la modification des législations en faveur des femmes
et (iv) accroissant le nombre de femmes éligibles
La bonne
gouvernance, c’est également la recherche de la justice sociale. C’est
pourquoi, la localisation des interventions tient désormais compte du
degré de pauvreté des zones concernées : d’où la superposition de la
carte de pauvreté à celle des interventions.
Axe 2:
Accélération de la croissance et élargissement des opportunités
d’emplois
et de revenus pour tous
Les politiques s’articulent autour, d’une part, de la promotion d’un
cadre macro-économique stable et de l’amélioration des infrastructures
de base, condition déterminante pour la dynamique économique, et,
d’autre part, de la mise en œuvre des mesures de soutien en faveur des
secteurs porteurs de croissance et de revenus pour les pauvres, en
particulier le secteur rural, les mines, le tourisme, l’artisanat
et le commerce.
Les objectifs spécifiques de croissance, de génération d’emplois et de
revenus sont d’ordre macro-économique et sectoriel et consistent à : (i)
viabiliser le cadre macro-économique par le rétablissement de ses grands
équilibres, sa stabilisation et sa bonne gestion ; et (ii) accroître la
production nationale, créer des emplois décents et assurer la génération
de revenus en faveur des pauvres.
Au plan macro économique, les objectifs fixés se résument à : (i) porter
le taux de croissance du PIB en termes réels à 5,5% en moyenne pour
permettre une augmentation du revenu par habitant de 2,1% par an ; (ii)
réduire l’inflation en moyenne annuelle de 34,7 % en 2006 à 4,2% en
2010 ; (iii) réaliser une pression fiscale de plus de 17% en 2010 ; (iv)
maintenir le déficit budgétaire base engagement hors dons en moyenne sur
la période à un niveau inférieur à 2% ; (v) réduire le déficit du solde
courant de la balance des paiements pour le situer à un niveau inférieur
à 3% à l’horizon 2010 ; (vi) porter chaque année à partir de 2008 le
niveau des réserves de change brutes à l’équivalent de 3 mois
d’importations.
Pour ce faire, il s’agit de :
-
de l’assainissement du cadre macroéconomique
-
de la
maîtrise de la politique monétaire et le renforcement du système
financier
-
l’amélioration de la politique budgétaire et de la fiscalité
-
la gestion efficace de la dette
-
la prise en compte de la dimension régionale d’intégration économique
et financière
Au plan sectoriel, les taux de croissance moyens visés sont de 4,3% pour
le secteur rural, 6,2% pour le secteur secondaire et 4 % pour le secteur
tertiaire entre 2008 et 2010. L’atteinte de ces objectifs se fera à
travers les mesures suivantes :
-
la promotion du secteur privé comme moteur de la croissance et source
d’emplois et de revenus;
-
la promotion de la micro finance
-
le développement des infrastructures économiques de base (eau,
énergie, transport, postes et télécommunications)
-
la dynamisation des secteurs porteurs de croissance (agriculture,
élevage, pêche, mines, tourisme, artisanat et culture)
-
le développement industriel, la promotion et la modernisation du
commerce
-
la promotion du développement durable (gestion des ressources
naturelles, protection de l’environnement et assainissement)
Axe 3:
Amélioration de l’accès à des services sociaux de qualité
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Comme le demandent les populations, les progrès obtenus dans les
secteurs sociaux de base doivent être renforcés et pérennisés. A cet
effet, s’imposent à l’Etat et aux collectivités locales :
·
une mobilisation accrue des ressources publiques en faveur de
l’éducation, de la santé, de l’eau potable, de l’assainissement,
·
la décentralisation et la déconcentration de ces ressources et de leur
gestion,
·
une meilleure allocation en tenant compte des inégalités existantes
entre les différentes zones du pays et entre les différentes couches de
la population,
·
la responsabilisation des communautés à la base dans l’initiation, la
formulation et la gestion des actions, et
·
la suppression des barrières financières pour les services essentiels
(suppression de tous les coûts directs liés à l’éducation primaire,
etc.).
Dans le domaine de la santé,
l’objectif général de développement des soins de santé et de nutrition
vise à réduire l’impact de la maladie sur le bien-être de la population
en général et des pauvres en particulier. A cet effet, la politique
sectorielle doit être axée sur :
·
le renforcement de la prévention et de la lutte contre les maladies
prioritaires et la mortalité maternelle et néonatale
·
l’amélioration de l’accès des pauvres aux services de santé
essentiels de qualité
·
l’amélioration de la qualité des services
·
le renforcement de la capacité institutionnelle et de gestion
·
l’amélioration de la disponibilité des ressources humaines
Par ailleurs, les efforts contre la pauvreté n’auront d’effet sans la
maîtrise de la propagation du SIDA et le soutien aux personnes victimes
et leurs familles. A cet effet, une stratégie propre de lutte contre le
SIDA a été élaborée. Sa mise en œuvre
a impliqué tous les secteurs et à tous les niveaux. En
particulier, tel que décidé par le Gouvernement, tous les programmes et
projets d’investissement publics
ont un volet lutte contre le SIDA.
Pour l’amélioration de l’accès à l’eau potable,
l’objectif est de porter le taux d’accès à l’eau potable à 92,8% en
milieu urbain et 77,9% en zones rurales et ce conformément aux
engagements pris pour la réalisation des OMD à l’horizon 2015. Au titre
des mesures, il s’agit de : (i) la mise en place d’un programme
d’urgence, (ii) le renforcement des capacités de gestion de la SEG,
(iii) la réforme institutionnelle du secteur, (iv) la définition d’une
nouvelle politique tarifaire, (v) la préparation de programme
d’adduction d’eau et la recherche de financement, (vi) la poursuite des
forages et de l’aménagement de points d’eau, (vii) l’amélioration du
contrôle de qualité.
Concernant l’amélioration de l’accès des populations du milieu rural et
périurbain aux services énergétiques, l’objectif est de satisfaire les
besoins énergétiques de l’ensemble des 303 Communautés Rurales de
Développement et des zones périurbaines d’importance reconnue. La
stratégie est bâtie sur les enseignements tirés des expériences pilotes
de développement des technologiques Energie Renouvelable et de la mise
en œuvre du projet d’ Electrification Rurale Décentralisée.
S’agissant de l’amélioration des services d’assainissement, le
Gouvernement s’est fixé comme objectifs : (i)
limiter la production des déchets ; (ii) éliminer les déchets dans des
conditions respectueuses de l’environnement ; (iii) augmenter la part
des déchets valorisables ; (iv) assurer la maîtrise des coûts
d’élimination ; (v) garantir un service public performant et (vi)
financer équitablement le service public d’élimination. La stratégie
consiste, entre autres sur (i) la définition d’une politique nationale
d’assainissement et des outils ; (ii) la création ou le renforcement
d’un système d’information environnementale ; (iii) la consolidation de
l’assiette de mobilisation des ressources financières destinées à
l’assainissement ; (iv) l’amélioration des performances des acteurs
publics et privés en matière d’offre des infrastructures et services
urbains ; (v) l’introduction et la vulgarisation de technologies
appropriées ; (vi) la densification des réseaux de drainage des eaux ;
(vii) la promotion de mini bassins de rétention des eaux ; (viii)
l’assainissement collectif, semi collectif et individuel des déchets
liquides et (ix) la gestion des déchets solides.
Pour l’éducation, les objectifs
de la stratégie s’inscrivent dans le cadre des Objectifs du Millénaire
pour le Développement (OMD) et visent à l’horizon 2015, la réalisation
de la scolarisation universelle avec un taux d’achèvement de 100% au
primaire. Les objectifs spécifiques portent, entre autres sur (i)
l’augmentation du budget de l’éducation dans le budget national de 14 %
en 2005 à 25% en 2010 ; (ii) l’accroissement de la part du primaire dans
le total des dépenses d’éducation de 37% à 44% en 2010 pour atteindre
50% en 2015 ; (iii) l’accroissement du taux d’accès en première année du
primaire et du taux d’achèvement ; (iv) l’augmentation de l’indice de
parité filles/garçons au primaire et (V) l’accroissement du taux
d’alphabétisation des adultes. A cet effet, les actions doivent être
menées au niveau de l’accroissement de l’accès, de l’amélioration de la
qualité et du renforcement de la gestion.
Pour la promotion de la culture comme moyen de renforcement de
l’identité et de l’unité nationale, l’objectif est de
renforcer la dynamique de valorisation du patrimoine culturel national
afin de rendre efficiente l’appropriation des valeurs identitaires
nationales, en particulier par les jeunes. Il s’agit pour ce faire de :
(i)
réaliser
l’inventaire
général du patrimoine culturel (ii) de renforcer les capacités
institutionnelles du Ministère en charge de la culture et de (iii)
construire des infrastructures et équipements culturels.
Enfin,
les objectifs poursuivis en matière de protection sociale portent sur
(i) l’extension de la
couverture sociale à l’ensemble de la population, en général, et à tous
les travailleurs, en particulier et (ii) au renforcement des structures
d’encadrement et de prise en charge des groupes vulnérables. Les
stratégies requises se traduisent par l’élaboration et la diffusion de
la politique nationale de protection sociale, la promotion de la
mutualité, la lutte préventive contre la consommation de drogue, la
mise en place de fonds sociaux pour les groupes vulnérables et la mise
en place un système intégratif d’éducation en faveur des enfants
souffrant de déficiences.
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